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TRAVAIL DÉTACHÉ

Voyage de trois jours (Autriche, Bulgarie, Roumanie) pour aborder, avec ses homologues, la question sensible de la renégociation de la directive sur le travail détaché. Promesse de campagne du candidat d’En marche !, le président tout juste élu réaffirmait, le 31 mai dernier à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) face aux salariés des chantiers navals STX France, sa volonté de « durcir » les règles européennes qui encadrent le travail déta­ché.

Mais pour Patricia Tejas, animatrice du collectif confédéral migrant de la CGT, « durcir les règles » ne veut, en soi, pas dire grand-chose. « Emmanuel Macron devrait porter l’exigence des mêmes droits et des mêmes garanties pour tous les tra­vailleurs. Mais ce n’est pas son genre », poursuit-elle. Plus « internationaliste au sens capitaliste » que progressiste, la poli­tique d’Emmanuel Macron – artisan zélé de la casse du Code du travail – penche au contraire du côté de « l’élargissement des règles d’exploitation », note encore Patricia Tejas.

La Commission européenne a décidé, en mars 2016, de renégocier la directive. Le sujet divise et les États d’Europe de l’Est se montrent plutôt hostiles à la réforme, contrairement à l’Allemagne. E.Macron répète qu’il veut aller plus loin que les propositions de la Commission sur au moins deux points cruciaux de la directive : premièrement, la durée maximale du détachement d’un travailleur. Actuellement de 36 mois, Bruxelles propose de l’abaisser à 24 mois et Paris à 12 mois. Une mesurette selon Patricia Tejas, pour qui « peu importe la durée du détachement, un travailleur sera remplacé par un autre ». Deuxièmement, l’inclusion, ou non, du secteur des trans­ports routiers, gangrené par le dumping social, dans la directive. Paris est pour, Bruxelles tergiverse. De leur côté, les transporteurs roumains et bulgares – qui mettent à eux seuls sur les routes d’Europe 200 000 routiers – sont vent debout et dénoncent le « néoprotectionnisme » d’Emmanuel Macron.

La CGT demande, entre autres, l’« abrogation de toutes les dispositions qui permettent, par exemple, la mise en concurrence des travailleurs sur les cotisations […], l’interdiction de la sous-traitance en cascade […], la réhabilitation des administrations de contrôle comme l’inspection du travail », et l’instauration d’une « lutte massive contre la fraude sociale, voire fiscale, qui vont souvent de pair avec l’exploitation des travailleurs et travailleuses »

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