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MAL-LOGEMENT : Ce n’est pas une fatalité

Le 28 août 2017, jour de rentrée des classes pour le gouvernement, le Premier ministre Édouard Philippe

a précisé sa vision concernant la politique du logement.

« Construire plus, plus vite, moins cher » pour « mieux loger les plus fragiles ».

Des propos louables, mais ô combien contradictoires avec ce qui est pourtant essentiel en politique : les actes. Si l’on s’en tient aux actes, les 100 premiers jours du gouvernement sont très clairs : le logement n’a été abordé que sous un angle strictement budgétaire, pour précariser davantage les locataires et mettre en péril le développement de l’offre sociale.

Le 22 juillet, le gouvernement décide de réduire de cinq euros l’aide personnalisée au logement (APL). Ce n’est pas une mesure anecdotique, loin s’en faut : ce sont 6,5 millions de foyers qui sont concernés en France, dont 800 000 étudiants, pour lesquels le budget se construit le plus souvent à l’euro près. Les chiffres sont indiscutables : 98% des bénéficiaires des APL ont un niveau de vie qui les situe parmi les 30% les plus modestes. Baisser les APL, c’est mettre en difficulté des étudiants pour la fin de mois, diminuer la solvabilité des familles et les exposer à des risques d’impayés. Le gouvernement fait donc le choix délibéré de précariser les locataires les plus fragiles, ceux-là même qu’il prétend défendre.

D’autant que l’argument budgétaire est fallacieux. L’économie envisagée ne dépasse pas 140 millions d’euros par an, autrement dit une somme très modeste à l’échelle du budget de l’Etat. La mesure est donc politique : prendre à ceux qui en ont le plus besoin pour compenser les cadeaux fiscaux des plus riches.

Quant on sait que la réforme de l’ISF envisagée par Emmanuel Macron va amputer les recet¬tes fiscales de trois milliards d’euros, on comprend mieux que Bercy fasse les fonds de tiroir. C’est inadmissible.

Pour tenter de faire retomber la contestation, le gouvernement a annoncé que l’économie réalisée permettrait de financer la construction de nouveaux logements sociaux. Mais là encore, il y a un gouffre entre la communication et les décisions qui s’appliquent. En effet, au cœur de l’été et en toute discrétion, un décret a annulé 185 millions d’euros de crédits dédiés au financement du logement social.

Très concrètement, ces crédits correspondent à 12 000 logements de type PLAI, c’est-à-dire les logements sociaux aux loyers les plus bas, destinés aux plus fragiles, et pour lesquels se concentre logiquement la demande. Cette décision prise en catimini est ainsi un sérieux coup porté au développement d’une offre de logements accessibles.

Alors que se profile une réforme plus globale du logement, la politique du gouvernement se résume pour l’instant à un rabotage des aides à la personne et une baisse du financement de la production de logements sociaux. ..

 

Iann Brossat, responsable Logement du PCF  maire adjoint de Paris

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