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HARCÈLEMENT AU TRAVAIL

Les syndicats français s’inquiètent du recul du gouvernement sur la création d’une convention de l’OIT contre les violences et le harcèlement au travail.

« Huit cent dix-huit millions de femmes dans le monde ont connu des violences physiques ou sexuelles », alerte la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI). « Aux États-Unis, 90% des femmes travaillant dans les services ont subi des violences sexuelles.

Au Bangladesh, 60% des femmes déclarent avoir été intimidées, avoir subi des violences ou un viol sur le lieu de travail ».

Inde, Cambodge, Hong Kong, Kenya… Sharan Burrow égrène les chiffres affolants des violences faites aux femmes au travail dans chaque pays à travers le monde.

« Nous avons besoin de convaincre toutes et tous pour obtenir une convention de l’OIT (Organisation internationale du travail) qui soit applicable dans le monde entier. »

La CSI et ses organisations membres (CGT, CFDT, FO, CFTC en France) ont lancé une campagne pour mettre à l’ordre du jour de l’OIT, en juin 2018, la création d’une norme internationale contre les violences et le harcèlement au travail.

Une convention qui se voudrait contraignante, complétée par une recommandation pour mieux l’appliquer. « Ce sujet nécessiterait même d’être reconnu comme un droit fondamental, comme celui des enfants ou l’interdiction du travail forcé », reconnaît Bernard Thibault, administrateur au Bureau international du travail. Mais même une convention classique n’est pas encore gagnée aujourd’hui, en raison de la réserve de nombreux États et d’organisations patronales qui siègent aussi à l’OIT. Et notamment la France…

« En 2014 pourtant, le gouvernement français s’était prononcé pour une norme, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, s’inquiète l’ancien secrétaire de la CGT.

Jusqu’à présent, la France était réputée à l’avant-garde de la construction du droit international. Le pays fait même partie de ceux qui ont signé le plus grand nombre de conventions. Mais aujourd’hui… ». L’État refuse notamment d’identifier spécifiquement les violences fondées sur le genre.

Inquiets, les leaders de la CGT, la CFDT, la CFTC et FO viennent d’adresser un courrier commun au Premier ministre, dénonçant un « recul (qui) serait d’ailleurs bien incompréhensible à l’heure où le président de la République a chargé votre gouvernement de faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une grande cause nationale ».

 

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