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BANLIEUE : L’APPEL DE GRIGNY

Après le discours d’Emmanuel Macron sur la politique de la ville, les maires de banlieue sont déçus d’un décalage entre la parole présidentielle et les actes de la majorité. Pour faire monter la pression, ils lancent une grande tournée nationale et comptent sur la mobilisation des habitants et du monde associatif. 

Appel de Grigny, chapitre 2. Le mouvement des maires de villes de banlieues, fédérant l’ensemble de l’arc républicain, s’est réuni à la maison de la Chimie, à Paris. Maires et parlementaires ont tenté de faire bilan du discours d’Emmanuel Macron sur la politique de la ville, prononcé à Tourcoing. Ils ont été rejoints par de nombreux citoyens.

Même si Philippe Rio, maire PCF de Grigny (Essonne) a eu le sentiment « d’avoir été écouté »  il prévient qu’ il va falloir « continuer la mobilisation pour être vraiment entendu ». « Personne ne perdra, dans les communes concernées par la politique de la Ville, le moindre crédit sur 2018 », a déclaré Emmanuel Macron depuis Tourcoing. Où il a promis que l’Etat verserait 1 milliard d’euros dans un nouveau plan national de renouvellement urbain.

Mais de telles promesses semblent s’être envolées, dès le lendemain, à l’Assemblée nationale.

Pour respecter la parole d’Emmanuel Macron, « il aurait fallu ajouter 100 millions d’euros de financement pour la rénovation urbaine dans le budget 2018. Or, Gérard Collomb, dans l’hémicycle, a dit non à tout ».

Quant à la proposition d’augmenter les montants de la péréquation entre les villes d’Ile-de-France, pour donner plus d’argent aux villes pauvres, elle a été balayée par les députés de la République en Marche.

Quant aux emplois francs, ils sont loin de compenser la suppression des emplois aidés. Il faut absolument que les sénateurs changent la donne lors de l’examen du budget dans la chambre haute, rappelle James Chéron, maire UDI de Montereau. Cet élu de droite, ancien directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo, insiste sur le caractère transpartisan de cet appel de Grigny qui fédère des « sensibilités de tous bords » ainsi que des représentants du monde associatif et de l’entreprise.  

L’Appel de Grigny a déjà permis « de remettre les quartiers populaires dans le débat public », souligne Stéphane Peu. La baisse de 1,7 milliard des APL aura un impact immédiat sur la capacité des organismes HLM à mener des opérations de rénovation urbaine, rappelle-t-il. Bref, la bataille est loin d’être gagnée. Raison pour laquelle il faut absolument « amplifier une mobilisation tripartite, associant autant les élus que les associations et les habitants.

L’appel de Grigny va donc se structurer. Un tour de France des banlieues sera lancé au mois de décembre.

L’occasion de discuter des propositions de villes populaires en vue de la construction du plan national pour les banlieues. Il devrait être présenté le 27 février, date à laquelle les élus de banlieue ont d’ores et déjà rendez-vous avec Emmanuel Macron. Il leur reste trois mois pour modifier le rapport des forces.

 

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