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VOTE DU BUDGET 2018

 

Les années passent, les budgets s’enchainent et se ressemblent, la plupart du temps hélas par leur caractère contraint. Celui qui est présenté ce soir pour l’année 2018 n’échappe malheureusement pas à la règle mais se distingue toutefois par 2 aspects. Tout d’abord, malgré l’inflation et les charges nouvelles qui nous sont imposées, le budget 2018 est en baisse de 500 000 € par rapport à celui de 2017, ce qui ne déplaira pas au Président Macron, ardent défenseur de la réduction des dépenses publiques. Autre particularité de ce budget, il se présente en strict équilibre, ce qui signifie qu’il ne présente pas un centime de marge de manœuvre, et ne permettra pas de dégager d’excédent de fonctionnement, toujours précieux pour financer les investissements des années qui suivent.

 

C’est là le malheureux résultat de plusieurs décennies de mise au pilori de l’action publique, tandis que les dirigeants nationaux qui se succèdent préfèrent consacrer l’argent public au soutien sans condition aux entreprises, fussent-elles multinationales. Au risque de nous répéter, nous citons souvent ici la dépense représentée par le CICE qui s’élève à 70 milliards d’euros cumulés depuis 2013. 70 milliards d’euros distribués sans contreparties qui s’additionnent aux nombreuses exonérations versées à des entreprises qui pour certaines n’hésitent pas à pratiquer des plans de licenciements massifs alors même qu’elles engrangent des bénéfices. Nous citions il y a 2 ans le cas d’Air France, nous pouvons citer cette année le cas de Carrefour qui présente un plan de suppression de 2 400 emplois alors que cette entreprise profite annuellement d’une aide publique de 400 millions d’euros si l’on cumule le CICE perçu et les exonérations de cotisations salariales dont elle bénéficie.

Ce sont les mêmes choix politiques qui ont aussi conduit à la suppression de l’Impôt sur la fortune, ou encore, qui se montrent si timides dans la lutte contre l’évasion fiscale qui pourrait pourtant représenter plusieurs dizaines de milliards d’euros de recettes annuelles pour la France.

 

Plutôt que de  risquer de froisser les plus puissants, les gouvernements qui se succèdent préfèrent laisser les collectivités s’engluer dans les difficultés. Pour mémoire, la seule Ville de Guéret a perdu 1 millions d’euros sur sa dotation globale de fonctionnement durant le quinquennat achevé en 2017, alors que M. Macron, même s’il temporise cette baisse a bien promis de faire porter sur les collectivités 13 milliards de réduction des dépenses publiques en 5 ans. C’est à croire que l’argent dépensé par les collectivités est de l’argent inutilement dépensé. C’est là une opinion à la fois simpliste et mortifère.

 

Les dépenses engagées par les collectivités sont gages d’emplois non délocalisables de fonctionnaires qui le plus souvent habitent, consomment sur place et contribuent à la vie de territoires qui serraient probablement davantage désertés sinon. L’argent des collectivités, à travers la commande publique représente également une source d’activité importante pour bon nombre de PME qui constituent un tissu économique de proximité aussi important pour la vie et le dynamisme de ces mêmes territoires.

Les collectivités dépensent de l’argent utile à l’éducation des enfants, à l’activité des associations, à aider ceux qui en ont besoin, de l’argent qui contribue au final à l’émancipation de tous, participe au bien vivre ensemble et à l’égalité entre les citoyens. C’est dire, si l’argent dépensé par les collectivités est un argent bien dépensé, et un argent indispensable pour tous.

 

C’est donc toujours entre une réalité morose et une dose d’utopie, essentielle à toute politique volontariste tournée vers le progrès social, que nous abordons la période budgétaire d’année en année. J’ai exposé le caractère morose de ce budget, je dois dire aussi que malgré la contrainte toujours plus forte nos engagements politiques restent honorés cette année encore.

 

S’agissant de la fiscalité, le pari est tenu de ne pas augmenter les taux d’impositions communaux pour ne pas alourdir la charge qui pèse sur les ménages.

Du côté du soutien aux associations, même si nous souhaiterions toujours pouvoir faire plus, le pari est là aussi tenu d’un maintien de la part budgétaire que nous leur consacrons, car nous savons l’apport qu’elles représentent dans la vie locale.

S’agissant de situation de la maison des associations, nous voulons affirmer que toutes les organisations qui y sont accueillies sont des organisations d’intérêt public. A ce titre, nous leur devons la plus grande attention. La situation actuelle n’est toutefois pas satisfaisante et nous jugeons indispensable qu’un dialogue serein puisse se nouer entre tous les acteurs en présence.

 

Pour terminer, on notera que malgré une contrainte forte, la stabilité est de mise du côté des effectifs municipaux, ce à quoi nous tenons plus que tout. Cette constance permettra d’assurer cette année encore un service de qualité en direction de la population, avec un regret toutefois s’agissant du retour de la semaine de 4 jours dans les écoles. La mise en place d’Ateliers Péri-Educatifs représentait pour les enfants un vecteur d’ouverture au monde indispensable au renforcement de l’égalité entre tous. Il est regrettable que ce dispositif n’ait jamais été financé à la hauteur de ce qu’il aurait mérité et qu’il n’ait jamais été davantage reconnu.

Pour contre balancer ce regret, nous pouvons en revanche nous féliciter d’avoir su braver la contrainte pour aboutir, à travers le CCAS de la Ville de Guéret, à l’ouverture d’une épicerie sociale et solidaire qui permettra aux plus fragiles de se ravitailler, mais aussi, et surtout de disposer là d’un lieu pour retrouver des repères, indispensables à tous pour mener une vie normale.

 

Voilà de quoi est fait ce budget qui nous est présenté ce soir et que les élus du groupe communiste approuveront. Nous l’approuverons parce que même si nous souhaiterions pouvoir faire plus, ce budget permet de mettre en action notre volonté politique. Mais nous l’approuverons avec l’amertume et la gravité induites par l’extinction totale de toute marge de manœuvre, et par le peu de considération apportée globalement aux collectivités locales et à l’action publique de proximité qu’elles mènent.

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