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ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE : DÉMOCRATIE ET CONTRADICTIONS

L’Economie sociale et solidaire est composée d’associations, de coopératives, de mutuelles, de collectifs locaux ou d’initiatives locales qui ont en commun de redonner une utilité sociale à la production économique et d’avoir un mode de production rendant le salarié, l’usager, le producteur, le patient… acteurs/actrices de l’économie et de la société.

Dans les entreprises de l’ESS, une personne égale une voix, pas de rémunération des parts sociales des sociétaires, réserves financières impartageables, adhésion volontaire au sociétariat. Elle est présente dans quasiment tous les domaines de l’économie. Ce n’est pas une économie caritative ou de réparation, même si elle s’intéresse plus à ces champs que le reste de l’économie capitaliste.

La loi ESS de juillet 2014 a ouvert les portes à des sociétés hors du statut coopératif, à condition qu’elles se conforment à des buts identiques à ceux de l’ESS sous statut, avec une gouvernance démocratique et des objectifs autres que le seul partage des bénéfices prioritairement consacrés au maintien ou au développement de l’activité.

Ceci mérite vigilance et débat.

Aujourd’hui l’ESS c’est 10% du PIB réalisés par 200 000 entreprises, 2 380 000 salariés, 54 milliards d’euros, 12,7% des emplois privés, une progression de 24% de l’emploi privé depuis 2000, une perspective de 600 000 recrutements d’ici 2020 en raison des départs à la retraite ;

De par ses valeurs et ses pratiques, l’Economie sociale et solidaire est un des éléments forts du dépassement du capitalisme.

---Elle a la volonté de redonner un sens politique à l’activité économique et d’articuler de manière cohérente le pourquoi nous produisons avec le comment nous le faisons. L’ESS propulse la démocratie au cœur du système productif. Elle participe concrètement à l’évolution des notions de propriété, d’entreprise, de valeur et concourt à l’émancipation des travailleurs.

---Autre caractéristique de l’ESS, c’est le produire en commun : une dimension collective à la base du succès de créations ou reprises d’entreprises comme les Pilpa, les Scop-ti ou Hélio Corbeil, avec l’introduction de nouvelles pratiques plus démocratiques et plus écologiques et une supériorité économique et technologique de cette forme d’autogestion. L’entreprise devient un espace de production sociale en adéquation avec son environnement.

---L’ESS, enfin, produit avec du sens : elle modifie la notion de propriété, redonne des droits aux salariés, mais aussi à toute personne affectée par l’activité de l’entreprise par-delà les intérêts des apporteurs de capitaux. C’est le cas des SCIC – sociétés coopératives d’intérêt collectif – qui réunissent salariés, usagers, élus territoriaux, et montrent une possible continuité entre entreprises coopératives et services publics. C’est le cas des CAE – Coopératives d’activité et d’emploi – qui remplacent avec efficacité l’auto entreprenariat et émancipent les jeunes face à l’ubérisation.

 

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