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FRANÇOIS HOLLANDE VERROUILLE TOUJOURS PLUS L’ÉCHÉANCE DE 2017

    Baptisé « loi de modernisation des règles applicables à l’élection présidentielle », son projet vise à remplacer l’égalité du temps de parole entre les candidats par un « principe d’équité ». Cette modification concerne la « période intermédiaire », qui s’étend sur trois semaines, de la publication de la liste des candidats à l’ouverture de la campagne officielle, qui ne dure que deux semaines avant le premier tour.

    Encore une fois, la « modernité » a ici bon dos. Alors que l’égalité stricte était déjà dévoyée, avec des candidats relégués à des tranches horaires nocturnes, et parfois interrogés sur des questions autres que le cœur de leur programme, le « traitement équitable » prôné par l’exécutif vise l’extinction pure et simple du pluralisme indispensable à toute démocratie. La fameuse « équité » sera mesurée « en fonction des résultats obtenus aux plus récentes élections » et « en fonction des indications d’enquêtes d’opinion ». Bref, plus un parti aura réalisé un score important en 2012, plus son candidat sera haut dans les sondages pour 2017, et plus il aura le droit à la parole.

     « C’est un nouveau coup porté au pluralisme », les parlementaires du PCF rejettent en bloc la réforme. Ils ne sont pas les seuls. Le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, a dénoncé une « modification dangereuse et scandaleuse (qui donne au CSA) un rôle ahurissant de censeur 

    L’objectif de l’exécutif est de créer un fossé infranchissable entre « grands » et « petits » candidats, et de restreindre au maximum le champ de ceux qui peuvent intégrer la première catégorie.  « Pour le PS, qui devrait avoir honte, c’est insupportable d’avoir l’égalité du temps de parole ? Mais où vit-on ? » S’est animé Nicolas Dupont-Aignan.

    « Le PS a la volonté d’éliminer le moindre petit candidat à sa gauche, même un candidat qui ne ferait que 1 ou 2%, comme moi », a dénoncé à son tour Philippe Poutou, du NPA

    Autre disposition du texte, les prétendants à la candidature n’iront plus chercher eux-mêmes les 500 parrainages d’élus avant de les remettre au Conseil constitutionnel. Ce sera aux élus d’envoyer leur choix au Conseil, qui les publiera en temps réel, et en intégralité; quand 500 étaient auparavant tirés au sort.

    « La transparence des parrainages ne pose pas problème, mais il ne faudrait pas qu’un candidat ayant reçu 500 signatures soit médiatiquement déconsidéré devant un candidat qui en rassemble 10 000. La Constitution est claire : à partir de 500 signatures, un candidat est aussi légitime qu’un autre », poursuit le député Front de gauche Marc Dolez.

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