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LES ONG CRITIQUENT L’UE

Après avoir négocié le renvoi de réfugiés en Turquie, l’UE compte « sous-traiter » à la Libye la question migratoire.

Pour protester, Médecins sans frontières ne veut plus percevoir de fonds européens.

Une politique « honteuse » qui repousse « loin des côtes européennes les personnes et leurs souffrances ». Médecins sans frontières a tapé du poing sur la table pour dénoncer les décisions de l’Union européenne vis-à-vis des migrants et des réfugiés. Et l’ONG a lié les actes à la parole en annonçant qu’elle se passerait à l’avenir de financements européens, qui représentent pourtant près de 8 % de son budget. « L’Europe se focalise plus sur la dissuasion que sur l’aide et la protection à apporter aux personnes qui en ont besoin », a expliqué son secrétaire général international, Jérôme Oberreit.

Comme d’autres associations, l’ONG dénonce les effets désastreux de l’accord passé avec Ankara, lequel prévoit le renvoi de tous les nouveaux migrants arrivant sur les côtes grecques vers la Turquie et se cumule avec la fermeture des frontières européennes. Résultat : en Grèce et en Italie, des gigantesques centres de rétention où des dizaines de milliers de personnes se trouvent coincées pendant des mois, « y compris des centaines de mineurs non accompagnés », dénonce MSF. Le nombre de migrants traversant la Méditerranée vers l’Italie, trajet encore plus périlleux, a explosé. La Péninsule a enregistré 4 118 arrivées entre le 6 juin et le 12 juin.

La réaction de MSF, soutenu par de nombreuses ONG, vise surtout la volonté de la Commission européenne, validée par le Parlement le 8 juin dernier, de faire des copiers-collers de l’accord UE-Turquie avec d’autres pays tiers, en particulier en Afrique. Elle vise ainsi à imposer une réduction de l’aide au commerce et au développement de pays qui « n’endigueraient pas la migration vers l’Europe ou qui ne faciliteraient pas les retours forcés » de migrants irréguliers.

Et qu’importe si les pays à qui l’UE veut sous-traiter la gestion des frontières ne respectent pas les droits de l’homme ou sont de véritables zones de guerre. La priorité des dirigeants de l’UE, c’est aujourd’hui de signer un accord avec la Libye. Si les migrants survivent à la noyade, ils auront droit aux mauvais traitements des gardes-côtes libyens, aux détentions illimitées dans les centres de détention de ce pays.

Ces centres sont théoriquement gérés par le ministère libyen de l’Intérieur, mais dans la pratique, prévient Amnesty International, « beaucoup sont dirigés par des membres de groupes armés » et tortures et autres violences y sont légion.

« Le soutien de l’UE ne saurait contribuer à perpétuer les terribles violations des droits humains que les étrangers en Libye cherchent à fuir à tout prix »

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