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L’ENJEU DU TRANSPORT FERROVIAIRE

Ce que propose Macron  en matière de transports, en particulier pour le ferroviaire, n’a rien de réjouissant puisqu’il a créé –  pour les pauvres – les bus qui portent son nom. Lui continuera à prendre le TGV !

La politique ultralibérale qu’il préconise, les effets en sont connus. Il suffit de jeter un œil en Grande-Bretagne ou en Allemagne. La SNCF veut accroître sa compétitivité sur le dos des usagers et des cheminots. Le souci de rentabilité a remplacé les valeurs de service public. Tout cela pour ouvrir le transport à la « concurrence libre et non faussée » et pour le tout profit.

Utile aux usagers, le rail l’est aussi écologiquement pour diminuer la circulation et réduire la pollution, tant pour le transport des personnes que des marchandises.

Pourtant, en matière de transports, ni la COP21, ni le Grenelle de l’environnement n’ont été suivis d’effets. C’est particulièrement vrai pour le fret. En quelques années, le rail a perdu la moitié de ses trafics de marchandises, mais il y a 2 millions de camions de plus sur nos routes. Tout est fait pour nuire au fret ferroviaire : autorisation de circuler aux camions de 44 tonnes, abandons de l’écotaxe et de la taxe poids lourds. Rien n’est fait pour favoriser les modes de transport vertueux en matière d’environnement que sont les transports ferroviaires ou fluviaux.

Pourtant, des solutions existent. En Suisse, en 2015, le transport ferroviaire concernait plus de 70% du trafic de transit international dans les Alpes ! C’est donc faisable, dès lors qu’on en a la volonté politique. Le Parti communiste a fait de ces questions une priorité nationale en lançant en février dernier une grande bataille du rail dans tout le pays pour faire connaître nos propositions.

L’État doit prendre en charge la régénération du réseau ferré et son développement car les infrastructures ferroviaires sont un élément clef de l’aménagement du territoire. Impératif aussi de revenir à un système ferroviaire réunifié au sein d’une entreprise publique unique, à l’opposé de la filialisation à outrance qui sévit depuis des années. C’est ainsi qu’il sera possible d’imposer des critères sociaux, environnementaux et de qualité de service stricts et d’instaurer une tarification sociale et écologique pour s’extraire d’une concurrence déloyale entre la route et le rail ou le fleuve.

Cela ne pourra pas se faire sans un travail sur la fiscalité, la tarification mais aussi les droits sociaux. Nous proposons de généraliser le versement transport à toutes les régions et de l’appliquer à toutes les entreprises. Il faut aussi tendre vers la gratuité des transports périurbains afin de rendre les transports en commun plus attractifs.

Au niveau européen, la France doit lancer un processus de renégociation des paquets ferroviaires avec, plutôt que la concurrence effrénée, un objectif de coopération et de mutualisation des différentes compagnies de chemin de fer.

Il faut aussi parler des coûts financier de la dette, exorbitante. Les intérêts de cette dette s’élèvent à 1,75 milliards d’euros par an, ce qui correspond à 26 000 emplois par an. C’est à l’État de la prendre en charge cette dette publique, contractée sous ses ordres.

Nous proposons aussi la renationalisation du réseau autoroutier dont les bénéfices vont aux actionnaires de groupes privés. Au contraire, la nationalisation permettra d’affecter ces bénéfices au financement des infrastructures de transport, sous l’égide d’un pôle public national des transports, l’État définissant une politique publique favorisant la complémentarité des modes plutôt que leur mise en concurrence exacerbée.

Enfin, rien ne pourra se faire sans garantir aux cheminots un haut niveau social. L’élection d’Emmanuel Macron ne promet rien de bon. Nous serons aux côtés des cheminots pour le maintien de leur statut, l’amélioration de leur protection sociale et une formation professionnelle apte à assurer la qualité et la sécurité du transport ferré.

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