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LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE MACRON : DE L’ILLUSIONNISME

Quelques jours avant sa visite officielle en Chine, Emmanuel Macron lançait le 4 janvier son refrain du moment : « La France est de retour ».

A l’occasion de ses vœux au corps diplomatique, le chef de l’État s’est livré à l’un de ses exercices favoris, la mythification de son action politique internationale au service de « la défense de nos intérêts et de nos valeurs ».

Le président a présenté le détail de la « ligne française » qu’il continuera de développer avec pour priorités déjà énoncées l’été dernier : « la sécurité, l’indépendance, l’influence » – auxquelles il ajoute, fort opportunément, « la solidarité ». Ces axes diplomatiques formeraient selon lui « un tout, un cap, une cohérence, une vision d’ensemble » assortis d’une méthode qui « passe par le dialogue et la fermeté de nos engagements ». Fermeté dont il faudra nous dire l’exacte définition et faire la démonstration s’agissant, pour seul exemple, de la reconnaissance de l’État palestinien...

Si Emmanuel Macron a, pour l’heure, pris le contre-pied des discours de peur et de guerre de son prédécesseur direct, il s’inscrit dans une logique qui est celle du jeu des puissances internationales qui, fortes de leur poids économique et militaire, entendent administrer, ensemble à quelques-unes, tout en se concurrençant, le cours du monde. La « lutte contre le terrorisme islamiste » demeure donc le point d’entrée de son discours et de sa politique.

E. Macron tente de convaincre, au-delà des diplomates étrangers auxquels il s’adresse, qu’au contraire des années que nous venons de vivre, le gouvernement français inscrit ses interventions militaires dans des cadres politiques en mettant en perspective les élections prévues au Mali ou en Irak, ou invoquant la nécessité de négociations pluripartites pour résoudre le conflit syrien, ou, encore, en prenant le leadership de la lutte contre le « financement du terrorisme »... mais aussi qu’il chercherait à s’attaquer aux origines des situations de crise – et, plus précisément, de l’arrivée de migrants en Europe – avec une action de coopération ciblée sur le Sahel alors que l’aide publique au développement demeure durablement sous dotée. Sur le plan européen, le chef de l’État affiche son ambition d’une « union de 28 pays singuliers » dotée d’une « avant-garde ouverte » formée à partir d’un solide noyau franco-allemand, les « premiers de cordée » d’une union euro­péenne à plusieurs vitesses.

Fustigeant ce « capitalisme (qui) dysfonctionne », le président français porte ainsi la promesse d’une renaissance.

A Davos, Emmanuel Macron chante l’espérance d’une telle renaissance libérale pour susciter l’adhésion des « classes moyennes » pourtant frappées de plein fouet par la casse des droits sociaux et les politiques d’austérité

Il y a chez le chef de l’État un savant talent à camoufler la réalité de son action et de ses intentions sous des formules rhétoriques.

Confrontée aux faits, l’illusion ne durera guère

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