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DE LA GÉOPOLITIQUE APPLIQUÉE ET DE LA SITUATION INTERNATIONALE par Alain Roudier

La géopolitique est l'étude des effets de la géographie (humaine et matérielle) sur la politique internationale et les relations internationales. C'est une méthode d'étude de la politique étrangère pour comprendre, expliquer et présumer le comportement politique international à travers les variables géographiques. Il s'agit notamment des études régionales, du climat, de la topographie, de la démographie et des ressources naturelles.

Avec la guerre en Ukraine et l’émergence de l’Etat islamique, la période est dominée par un regain des tensions internationales, notamment au Moyen-Orient, et de la menace djihadiste. Cependant, la chute des prix du pétrole, le ralentissement de la croissance en Chine et les difficultés économiques russes, la stratégie eurasiatique du président Poutine voire la conférence internationale sur le climat et  la campagne présidentielle aux Etats-Unis vont modifier la politique internationale.  Certes, l’actualité est consacrée, à juste titre, à la question des migrants qui est un flagrant exemple de géopolitique puisque leur malheur résulte directement de la politique occidentale en Afrique (Mali, RCA, Côte d’Ivoire, et surtout Libye) et au Moyen-Orient (bombardements français en Syrie et interventions américaines en Irak).

Mais ne nous leurrons pas : le terrorisme est un bon prétexte, comme les supposées armes chimiques de l’Irak ou la prétendue traque de Ben Laden. Derrière ces effets d’affiche, se cache la réalité de la géopolitique : la lutte pour les ressources naturelles et leur pillage, la destruction du climat et de la planète par les politiques capitalistes, les ambitions des nations émergentes parfois couronnées de succès dans le cas de l’Iran et de l’Arabie saoudite, sans parler du rôle de moins en moins ambigu de la Turquie (pays carrefour est-ouest, comme l’Ukraine).

La géopolitique nous apprend, également, que l’afflux de réfugiés syriens au Liban dans un pays en « panne institutionnelle » depuis deux ans (pas de majorité pour élire un Président de la République).

Quid de la politique française ? On peut, à l’évidence lui faire les reproches suivants :

L’abandon de la renégociation du Pacte budgétaire et de la refondation de l’Europe ; son absence sur la négociation du Traité transatlantique ;

Sa logique d’épreuve de force avec la Russie, en accord avec l’OTAN, ce qui a favorisé la crise ukrainienne ;

Son alignement sur les politiques de Netanyahou en Israël et d’Erdogan en Turquie, sur celle de l’Arabie saoudite et son attitude trouble en Tunisie et en Egypte où elle abandonne les forces progressistes ;

Le maintien de la « Françafrique » : bases militaires au Tchad et à Djibouti, pour soutenir des dictatures, interventions « va-t-en-guerre » e Afrique subsaharienne, relations sulfureuses au Maroc, etc.

Son refus de collaborer avec les nations émergentes d’Asie et d’Amérique latine.

Aujourd’hui, tous les événements que nous vivons, découlent de résultats de la guerre froide et de l’instrumentalisation de l’islam. Car une fois que l’URSS s’est effondrée, un nouvel ennemi a été trouvé : al-Qaïda. Aujourd’hui, c’est l’Etat islamique. B.Obama veut laisser son nom dans l’histoire : après avoir conclu un accord avec Cuba, il souhaite faire la même chose avec l’Iran. Il rencontre cependant l’hostilité de beaucoup : d’Israël, du Congrès américain, de certains gouvernements européens, de l’Arabie Saoudite du Qatar, de Bahrayn et des Emirats arabes unis. Espoir ou illusion ?

 

Alain ROUDIER

 

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